C’est la seconde fournée de goncourables depuis que ce blog existe !


Et la rédaction de mon roman n’en finit plus de finir.

Mais anyway, la Bernardette Pivette que je suis va tout de même publier la première liste des goncourables :

- Six livres à titre “safari photo” ou “tourisme élitiste”

Patrick Pluyette «La traversée du Mozambique par temps calme» Seuil, Olivier Rolin «Un Chasseur de Lions» Seuil, Alain Jaubert «Une nuit à Pompéi» Gallimard, Michel Le Bris «La Beauté du monde» Grasset, Matthieu Bellezi «C’était notre terre» A.Michel, Jean-Marie Blas de Roblès «Là où les tigres sont chez eux» Zulma

- Quatre livres à titre “mon père m’a fait du mal mais je lui rends hommage”

Jean-Louis Fournier «Où on va, papa?» Stock, Valentine Goby «Qui touche à mon corps je le tue» Gallimard, Catherine Cusset «Un brillant avenir» Gallimard, Christophe Bataille «Le Rêve de Machiavel» Grasset

- Trois livres à titre “préférences sexuelles”

- Catherine Millet «Jour de souffrance» Flammarion, Karine Tuil «La Domination» Grasset, Jean-Baptiste Del Amo «Une Education libertine» Gallimard

- Deux livres à titre “ethnique”*

Atiq Rahimi «Syngué Sabour» POL, Salim Bachi «Le silence de Mahomet» Gallimard

Voilà pour l’essentiel des titres.

* Un auteur Afghan et un auteur Algérien dans la liste, deux livres imprégnés de culture musulmane, dont l’un a écrit un livre sur le 11 septembre. Mystère, mystère…

11 septembre, 2008. Les aléas d'une goncourable, Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Les Filles du Calvaire !

J’ai emménagé il y a quelques semaines dans la rue des Filles-du-Calvaire. J’ai bien fini par me demander, étant la patiente très patiente d’une psychanalyste lacanienne, si je n’avais pas choisi ma maison pour me signifier quelque chose. Les “Filles du Calvaire”, c’est un signifiant de souffrance immédiat, même lorsque l’on ne sait pas que c’est le nom d’un ordre de Bénédictines fondé au début du XVIIe siècle par Mère Antoinette de Sainte-Scholastique (c’est son nom d’artiste). Si vous les appelez, (car elles existent encore), elles répondent également à l’évocatrice nomination de “Calvariennes”.

Mais voilà que j’apprends, ce qui n’est pas rien pour une future goncourable psychanalysée, que c’est également le titre du Goncourt 1991 !

Et aussi, ce qui n’est pas rien pour une future goncourable psychanalysée née à Tunis, que l’intrigue de ce Goncourt tourne autour de Rachel Aboulafia, Tunisienne originaire de la Goulette ! (Lire la suite…)

10 avril, 2008. Les aléas d'une goncourable, Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Proust quand il n’était pas Proust

Du côté de chez Swann

“Combien depuis ce jour, dans mes promenades du côté de Guermantes, il me parut plus affligeant encore qu’auparavant de n’avoir pas de dispositions pour les lettres, et de devoir renoncer à être jamais un écrivain célèbre. Les regrets que j’en éprouvais, tandis que je restais seul à rêver un peu à l’écart, me faisaient tant souffrir, que pour ne plus les ressentir, de lui-même par une sorte d’inhibition devant la douleur, mon esprit s’arrêtait entièrement de penser aux vers, aux romans, à un avenir poétique sur lequel mon manque de talent m’interdisait de compter. (Lire la suite…)

10 janvier, 2008. Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Ecrire est une marguerite

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« C’est curieux un écrivain. C’est une contradiction et aussi un non-sens. Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. C’est reposant un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ça ne parle pas beaucoup parce que c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. C’est impossible. C’est à l’opposé du cinéma, à l’opposé du théâtre, et autres spectacles. C’est à l’opposé de toutes les lectures. C’est le plus difficile de tout. C’est le pire. Parce qu’un livre c’est l’inconnu, c’est la nuit, c’est clos, c’est ça. C’est le livre qui avance, qui grandit, qui avance dans les directions qu’on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d’avec lui, le livre rêvé, comme l’enfant dernier-né, toujours le plus aimé. »

Marguerite Duras, Écrire, éd. Gallimard.

31 décembre, 2007. Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Pas de Julien Gracq à Noël ?

liv1151.jpg Depuis sa mort ce dimanche, les médias ont beaucoup rappelé que le goncourable qu’il était a refusé le Goncourt en 1951. Il s’est ainsi évité, hiver 51, de prendre froid sous bien des sapins. (Lire la suite…)

25 décembre, 2007. Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Profs Academy, Arlington Park et la Lettre écarlate

cusk.jpgSi l’on a dit que Profs Academy était le “Desperate Housewives de l’éducation nationale”, on a dit partout que Arlington Park de Rachel Cusk était le “Desperate Housewives” de la littérature. Rachel Cusk est la très prochainement goncourable de son pays l’Angleterre. (Lire la suite…)

2 décembre, 2007. Actu littéraire, Les aléas d'une goncourable, Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Prix Goncourt 2007 : “And the winner is…”

Gilles Leroy, pour Alabama Song (Mercure de France).

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Parce qu’il a un titre anglais et que le jury a décidé de devenir “pop”.
David Bowie a chanté Alabama Song, Pivot a au moins pivoté dessus.
Petit rappel historique de l’américanisation qui flotte sur le Goncourt :
- 1969, Félicien Marceau gagne le Goncourt avec un livre titré Creezy (c’était l’année érotique).
- 1977, Didier Decoin le remporte avec un titre qui comporte un prénom anglais, John l’Enfer (l’Enfer, c’est pas que les autres, c’est aussi John).
- 2006, Jonathan Littell s’appelle Jonathan Littell.
Conclusion : Notre National Book Awards speaks english !

5 novembre, 2007. Les autres Goncourt. 6 commentaires.

Prix Goncourt 2007 : The Famous Five !

Gilles Leroy écoutait “Alabama Song” tandis que Clara Dupont-Monod vivait la passion selon Juette sur le canapé rouge de Sabine Wespieser. Olivier Adam a prouvé que l’on n’était à l’abri de rien dans le rapport de Brodeck de Philippe Claudel. Ce week-end ils ont joué tous ensemble au Club des Cinq* dans une bibliothèque pas rose à Brive-la-Gaillarde.
Troisième et dernière sélection.
Clara Dupont-Monod est toujours là, et elle n’a toujours pas changé de coupe de cheveux.
* The Famous Five, titre original de Enid Blyton.

29 octobre, 2007. Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Seconde sélection Goncourt : Clara Dupont-Monod est toujours là !

Mais plus Gallimard. Léger abus de langage sur le site de Livres Hebdo qui note en revanche “la forte présence de petites maisons”. J’en vois une seule moi dans la liste, et vous ? Gallimard serait la nouvelle “pieuvre verte”* ? (Lire la suite…)

4 octobre, 2007. Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

Goncourt 1919 : A l’ombre des jeunes filles en fleurs

MARCEL PROUST (1871-1922)

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L’anecdote Goncourt :

Tout le monde des lettres la connaît mais il est bon de la rappeler aux auteurs qui connaissent une traversée du désert. Proust a mis quelques années à trouver un éditeur, il a même dû éditer son premier roman à compte d’auteur chez Grasset. C’était un peu moins mal vu qu’aujourd’hui, mais Gide l’a refusé en le traitant “d’amateur”. En 1919, Gallimard rachète les droits. Donc toi mon ami écrivain David Foenkinos qui te donne même le luxe de publier aux mêmes éditions “Qui se souvient de David Foenkinos ?”, parce que les médias et la création t’ont un peu oublié ces dernières années, cependant que tu te perdais dans les chemins de la famille à construire, mesure ton chemin…

Les extraits qui m’ont extraite :

“J’avais l’étonnement d’apercevoir au fond de moi-même, un jour un sentiment, le jour suivant un autre, généralement inspirés par telle espérance ou telle crainte relatives à Gilberte. A la Gilberte que je portais en moi. J’aurais dû me dire que l’autre, la réelle, était peut-être entièrement différente de celle-là, ignorait tous les regrets que je lui prêtais, pensait probablement beaucoup moins à moi non seulement que moi à elle, mais que je ne la faisais elle-même penser à moi quand j’étais seul en tête à tête avec ma Gilberte fictive, cherchais quelles pouvaient être ses vraies intentions à mon égard et l’imaginais ainsi, son attention toujours tournée vers moi.”

“Ce qu’on prend en présence de l’être aimé, n’est qu’un cliché négatif, on le développe plus tard, une fois chez soi, quand on a retrouvé à sa disposition cette chambre noire intérieure dont l’entrée est “condamnée” tant qu’on voit du monde.”

“Ainsi ce n’est qu’après avoir reconnu non sans tâtonnements les erreurs d’optique du début qu’on pourrait arriver à la connaissance exacte d’un être si cette connaissance était possible. Mais elle ne l’est pas; car tandis que se rectifie la vision que nous avons de lui, lui-même qui n’est pas un objectif inerte change pour son compte, nous pensons le rattraper, il se déplace, et, croyant le voir enfin plus clairement, ce n’est que les images anciennes que nous en avions prises que nous avons réussi à éclaircir, mais qui ne le représentent plus.”

La dernière fois que j’ai pensé à Proust :

C’était en regardant “Little Miss Sunshine” de Jonathan Dayton et Valerie Faris. Le personnage de l’oncle suicidaire et éminent spécialiste de Proust est total looké Marcel Proust, jusqu’à la raie capillaire. Si les personnages des grands écrivains sont souvent source d’inspiration fictionnelle, les grands écrivains vivent trop souvent à l’ombre de leurs personnages. Parce que “la vraie vie… c’est la littérature” ?

1 octobre, 2007. Les autres Goncourt. Pas de commentaire.

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