Le testament d’Edmond de Goncourt
Aujourd’hui, le montant du prix Goncourt est de dix euros, l’auteur ne peut même pas retourner s’offrir un petit dessert chez Drouant avec ce prix.
(prix du dessert chez Drouant : 13 euros)
Ce sont les ventes (un demi-million d’exemplaires assurés) qu’il provoque qui le multiplient. L’auteur peut alors devenir boulimique, même chez Drouant.
Proust et Iman disent bonjour à la caméra !

Sur www.lebaiserdelamatrice.fr, j’ai joué à lire une page de Proust. Je suis page 3338 de l’édition numérique de À La Recherche du Temps perdu. Moment de mémoire historique, à l’heure où se vend le dernier billet écrit par l’auteur le matin de sa mort. Avec une trace de café glissé de ses doigts, insistent les enchérisseurs. Si ce n’est pas de l’immortalité…
Prix Goncourt 2008 : Atiq Rahimi pour Syngué sabour chez P.0.L
Après Obama président, un Goncourt Afghan.
Tous en route vers le Nouvel Axe du Bien !
P.O. L : “En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse. (Lire la suite…)
C’est la seconde fournée de goncourables depuis que ce blog existe !
Et la rédaction de mon roman n’en finit plus de finir.
Mais anyway, la Bernardette Pivette que je suis va tout de même publier la première liste des goncourables :
- Six livres à titre “safari photo” ou “tourisme élitiste”
Patrick Pluyette «La traversée du Mozambique par temps calme» Seuil, Olivier Rolin «Un Chasseur de Lions» Seuil, Alain Jaubert «Une nuit à Pompéi» Gallimard, Michel Le Bris «La Beauté du monde» Grasset, Matthieu Bellezi «C’était notre terre» A.Michel, Jean-Marie Blas de Roblès «Là où les tigres sont chez eux» Zulma
- Quatre livres à titre “mon père m’a fait du mal mais je lui rends hommage”
Jean-Louis Fournier «Où on va, papa?» Stock, Valentine Goby «Qui touche à mon corps je le tue» Gallimard, Catherine Cusset «Un brillant avenir» Gallimard, Christophe Bataille «Le Rêve de Machiavel» Grasset
- Trois livres à titre “préférences sexuelles”
- Catherine Millet «Jour de souffrance» Flammarion, Karine Tuil «La Domination» Grasset, Jean-Baptiste Del Amo «Une Education libertine» Gallimard
- Deux livres à titre “ethnique”*
Atiq Rahimi «Syngué Sabour» POL, Salim Bachi «Le silence de Mahomet» Gallimard
Voilà pour l’essentiel des titres.
* Un auteur Afghan et un auteur Algérien dans la liste, deux livres imprégnés de culture musulmane, dont l’un a écrit un livre sur le 11 septembre. Mystère, mystère…
Les Filles du Calvaire !
J’ai emménagé il y a quelques semaines dans la rue des Filles-du-Calvaire. J’ai bien fini par me demander, étant la patiente très patiente d’une psychanalyste lacanienne, si je n’avais pas choisi ma maison pour me signifier quelque chose. Les “Filles du Calvaire”, c’est un signifiant de souffrance immédiat, même lorsque l’on ne sait pas que c’est le nom d’un ordre de Bénédictines fondé au début du XVIIe siècle par Mère Antoinette de Sainte-Scholastique (c’est son nom d’artiste). Si vous les appelez, (car elles existent encore), elles répondent également à l’évocatrice nomination de “Calvariennes”.
Mais voilà que j’apprends, ce qui n’est pas rien pour une future goncourable psychanalysée, que c’est également le titre du Goncourt 1991 !
Et aussi, ce qui n’est pas rien pour une future goncourable psychanalysée née à Tunis, que l’intrigue de ce Goncourt tourne autour de Rachel Aboulafia, Tunisienne originaire de la Goulette ! (Lire la suite…)
Proust quand il n’était pas Proust
Du côté de chez Swann
“Combien depuis ce jour, dans mes promenades du côté de Guermantes, il me parut plus affligeant encore qu’auparavant de n’avoir pas de dispositions pour les lettres, et de devoir renoncer à être jamais un écrivain célèbre. Les regrets que j’en éprouvais, tandis que je restais seul à rêver un peu à l’écart, me faisaient tant souffrir, que pour ne plus les ressentir, de lui-même par une sorte d’inhibition devant la douleur, mon esprit s’arrêtait entièrement de penser aux vers, aux romans, à un avenir poétique sur lequel mon manque de talent m’interdisait de compter. (Lire la suite…)
Ecrire est une marguerite
« C’est curieux un écrivain. C’est une contradiction et aussi un non-sens. Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. C’est reposant un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ça ne parle pas beaucoup parce que c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. C’est impossible. C’est à l’opposé du cinéma, à l’opposé du théâtre, et autres spectacles. C’est à l’opposé de toutes les lectures. C’est le plus difficile de tout. C’est le pire. Parce qu’un livre c’est l’inconnu, c’est la nuit, c’est clos, c’est ça. C’est le livre qui avance, qui grandit, qui avance dans les directions qu’on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d’avec lui, le livre rêvé, comme l’enfant dernier-né, toujours le plus aimé. »
Marguerite Duras, Écrire, éd. Gallimard.
Pas de Julien Gracq à Noël ?
Depuis sa mort ce dimanche, les médias ont beaucoup rappelé que le goncourable qu’il était a refusé le Goncourt en 1951. Il s’est ainsi évité, hiver 51, de prendre froid sous bien des sapins. (Lire la suite…)
Profs Academy, Arlington Park et la Lettre écarlate
Si l’on a dit que Profs Academy était le “Desperate Housewives de l’éducation nationale”, on a dit partout que Arlington Park de Rachel Cusk était le “Desperate Housewives” de la littérature. Rachel Cusk est la très prochainement goncourable de son pays l’Angleterre. (Lire la suite…)
Prix Goncourt 2007 : “And the winner is…”
Gilles Leroy, pour Alabama Song (Mercure de France).
Parce qu’il a un titre anglais et que le jury a décidé de devenir “pop”.
David Bowie a chanté Alabama Song, Pivot a au moins pivoté dessus.
Petit rappel historique de l’américanisation qui flotte sur le Goncourt :
- 1969, Félicien Marceau gagne le Goncourt avec un livre titré Creezy (c’était l’année érotique).
- 1977, Didier Decoin le remporte avec un titre qui comporte un prénom anglais, John l’Enfer (l’Enfer, c’est pas que les autres, c’est aussi John).
- 2006, Jonathan Littell s’appelle Jonathan Littell.
Conclusion : Notre National Book Awards speaks english !



