Les poètes de l’amour arabe
Parce que cette année, le Printemps de la poésie met la femme à l’honneur (comme s’il pouvait en être autrement) et parce que les éditions Actes Sud ont imprimé de beaux recueils de poésie arabe dans leur collection Sinbad. Voici quelques-uns des plus beaux vers de l’ancienne poésie arabe[1].
« Dans la main de l’amie, le luth porte un secret
Qui, sous les doigts, bientôt vole à nous, se révèle…
Il répond à l’oiseau chantant dans la futaie,
Relayé maintenant par la jolie gazelle.
Le luth, blotti au creux d’un rameau lui rappelle
Les arbres, leur jardin à tous deux, le passé…
Il s’enflamme à la vue d’une bouche aussi belle,
En fleur… mais quelle fleur aux perles comparer ?
Il croit toucher le myrte à sa peau duveteuse
Et le plus doux des fruits aux pommes de ses joues.
Sur les cœurs elle fait main basse, l’enjôleuse,
De la voix, du regard… et des deux je suis fou !
Pour notre joie, le luth en ses cordes la tient,
Liée comme gazelle apeurée prise au gîte.
Avant cette chanson, mon cœur était serein,
Mais la belle séduit, et plus : s’en félicite.
Elle touche le luth, mais non : ce sont nos cœurs
Que les cordes ainsi font vibrer avec elles,
Et toutes nos pensées que la chanson révèle,
Tirées du luth où les cachaient ces mêmes cœurs.
Tu te tais quand le luth vient jouer sous tes doigts :
Parler ? Mais quel besoin ? Ton jeu parle pour toi.
Le vin ? Tu l’as changé en mélodies : l’ivresse
Vient-elle maintenant de ta voix, de tes yeux ?
Aucun secret n’échappe à ces doigts, leur finesse
Dit tout ce que cachait, prisonnier, l’amoureux.
Tel se battra d’une épée nue, toi d’un regard ;
Ce corps souple, en sa marche, est lance qui frémit.
Devant elle le cœur se fait humble, obéit.
L’épée tue, mais d’abord son maître sans pouvoir. »
Vers de Ibn Zamrak, dont les vers décorent les murs de l’Alhambra, (733/1333 – 795/1393)[2]
Hier soir, sur TF1, Nicolas Sarkozy était assis sur une chaise Eames blanche au milieu de chaises Eames noires…
Alors je vous présente une chaise Eames marron, ce blog n’ayant aucune vocation d’ordre politique.
Dallas ou les meilleures ventes de roman en 2009
Pour Céline Fédou, chef de groupe Livres chez GfK, « avec une croissance de 3,4% de ses ventes en 2009 par rapport à 2008, l’ensemble du marché du livre a confirmé sa très bonne santé en cette période de crise. Les marchés de la littérature, du pratique et surtout de la jeunesse ont été les locomotives de cette croissance. Tout comme le cinéma, le livre a été une valeur refuge pour les français en 2009.»
Un certain moi de janvier…
Vous ne la connaissez pas, et pourtant si…
Ce matin, j’avais rendez-vous chez l’un de mes éditeurs et une attachée de presse, qui est supposée bien me connaître depuis des mois, n’a cessé de m’appeler “Farida” (même pas “Rachida!”), chaque fois reprise par sa jeune assistante adorable, mais dépitée également : “Elle ne s’appelle pas Farida, elle s’appelle Iman!”
Le pompon a été atteint lorsque, m’apprêtant à sortir, elle me tendit un livre sur le voile, oui, le voile, en ajoutant que ça parlait des mêmes choses que le mien, Les Femmes au miel, alors que pas du tout du tout du tout. Je mets au défi tout fichier Word de retrouver une seule fois le mot “voile” dans mon livre (sauf p. 23, 69 et 100 dans un autre sens).
En rentrant à la maison, j’écrivais un mail à un ami écrivain pour me consoler.
Sa réponse me rendit le rire :
“Hello Farida,
Je suis tombé sur quelques livres qui pourraient t’intéresser :
- Moi, Farida, forcée à porter la burqa
- Le débat sur l’identité nationale, y pue de la gueule par Farida Banlieue
- Mon mari m’oblige à porter la barbe, par Farida Ben Laden
- Je vole des sac à mains Gucci ton sur ton avec mon niqab, par Cheikha Farida Ben Mohamed
Oublie les titres poético-positif du genre Les femmes au miel et autres histoires joyeuses de l’imigraton, oublie d’être drôle dans Comment réussir sa dépression, oublie tes hautes études avec des sornettes comme Profs academy, oublie même que tu t’appelles Iman et surtout n’oublie pas que tu t’es mariée avec un méchant Afghan qui te bat tous les jours parce que tu es trop fine, dans tous les sens du terme.
Bisous et courage !
PS : Je précise que j’ai fait exprès pour le Farida du début, hein.”
(Le livre Un Voile que j’ai mis en illustration ici est une expérience artistique d’une plasticienne, Bérangère Lefranc, qui a porté le voile pendant un mois, “Un moi de juin”, pour se pencher sur l’altérité)
Décembre et les écrivains du froid !
Mais pourquoi la littérature écrite par des auteurs scandinaves, qui doivent souvent porter des mitaines au-dessus de leur clavier, nous fait-elle autant frissonner (pas que de froid) ? Extrait de mon billet publié cette semaine sur Fresh and Fashion.
Les Suédois, température moyenne en décembre : 0 degrés
Le truc avec les Scandinaves, c’est que l’on n’en a pas forcément dans notre entourage. Très peu d’immigration économique. Alors, on les imagine, avec ce qu’ils exportent : meubles propres, scolarité efficace, déodorant inodore, remise de prix Nobel. On ne peut donc rater une occasion de lire qu’ils sont aussi barges que nous, voire pire, ces mangeurs de gâteau de carottes ! Car ce sont leurs romans policiers, sur fond de réalisme, qui se vendent partout.
Qui ?
Emanuel Swedenborg, August Strindberg, le couple Maj Sjöwall et Per Wahlöö, Henning Mankell (gendre d’Ingmar Bergman – créateur de l’inspecteur Kurt Wallander), Åke Edwardson, Stieg Larsson.
Les Danois, température moyenne en décembre : 2 degrés
« Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark », clamait Hamlet. Mais quoi, au juste ? Ses « o » barrés et ses ronds au-dessus des lettres ? Non, les voisins en ont aussi. La reine Margrethe ? Ce n’est pas le seul royaume du coin. Les contes d’Andersen ? Non, tout le monde adooore ! Donc, le Danemark pour nous, et n’en déplaise à Hamlet, c’est juste un paradis de neige.
Qui ?
Søren Kierkegaard, Karen Blixen, Hans Scherfig, Peter Høeg (l’auteur du best-seller Smilla et l’amour de la neige)
Hop Hop Hop ! Upp Upp Upp !
Ce soir, c’était l’Université populaire participative (UPP) de Ségolène Royal (dans l’ombre à droite sur la photo) : “D’une rive à l’autre, l’euroméditerranée en questions” C’était à côté de chez moi, au théâtre Dejazet, et Antoine Sfeir (parti de la photo) est vraiment l’Enrico Macias de la politique (dit avec tendresse).

Des classements et des livres !
Ce soir, les Femmes au Miel a été 16ème au classement des meilleures ventes Amazon de la rubrique “Immigration, Intégration, Racisme”…
et 22ème à celui de la rubrique “Femmes”…
.. Point culture du jour .. le mot ministre vient du latin minister, ministri, qui signifie aide, valet ..
Un compère en humour “Goncourt” !
(Confere titre de mon blog)
Olivier Delorme, éditions H&O.
PS : Moi je sais comment je n’ai pas eu le Goncourt…
Dédicaces pour la presse ce matin

Chez TF1 à Boulogne, 300 dédicaces de Comment réussir sa dépression en deux heures, mais j’ai un truc, chut !
Novembre, le grand mois de la dépression approche…
Un livre informatif et drôle aussi…
- Sortie le 4 novembre -






