Anne Fontaine ou la madame de Staël
Anne Fontaine est une charmante femme blonde et sincère de quarante ans, mais ce n’est pas la “Anne Fontaine” des chemises bien amidonnées (photo non contractuelle donc). Je l’ai connue il y a quelques années, alors qu’elle organisait chez elle un salon littéraire bien digne de la tradition, puisque les refileurs de manuscrits se refilaient l’adresse et les auteurs sans le sous venaient manger un bout. Ils n’avaient alors pas encore publié mais s’appelaient Florian Zeller, David Foenkinos ou Nicolas Rey, qui la surnommaient madame de Staël pour ne pas dire maman. Avant tout cela, elle était libraire dans le seizième arrondissement.
J’ai déjeuné avec elle aujourd’hui dans un petit Salon de Thé de la rue de l’Université (”Les Deux Abeilles” où Jacques Attali déjeunait aussi avec peut-être sa fille), sans faire le rapprochement avec la Anne Fontaine d’alors, il en est beaucoup à porter ce nom. J’ai même parlé d’Anne Fontaine à Anne Fontaine, c’est dire l’oubli, avant de comprendre.
Aujourd’hui, elle publie des recueils de nouvelles pour Gallimard, propose des textes littéraires aux entrepreneurs et réconcilie les banquiers et les auteurs en organisant des déjeuners littéraires* autour de l’un d’eux. Un miracle de passerelles s’établit, relire Le Banquier Anarchiste de Pessoa, avant de comprendre.
* Elle peut avoir n’importe quel auteur et c’est vrai. Ou en proposer un d’après étude de culture d’entreprise.
Anne Fontaine, “Pour la Littérature”, 193, rue de l’Université. anne.fontaine25@wanadoo.fr
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