Le dernier combat d’Ariel Sharon : ce soir sur Arte
C’est un sujet difficile et tendu qu’a traité mon ami Michaël Prazan, un portrait de l’un des monstres du siècle, Ariel Sharon, dans un documentaire à la projection duquel j’ai assisté hier au Musée d’Art et d’Histoire Juive, projeté ce soir sur Arte dans un format inédit : une heure trente. Une multiplicité des points de vue et des personnalités interviewées donnent une grande richesse à ce qui devient une plongée dans cette histoire que nous connaissons tous dans les grandes lignes, mais que nous avons besoin encore et encore besoin de revoir.
Plusieurs pistes.
L’Enfance d’un Chef : Sa mère aurait dormi avec une hache sous le matelas par crainte des agressions. Un ami d’enfance dit qu’il était toujours dans les jupes de la maîtresse à qui il se plaignait de ses camarades qui l’embêtaient. Plus tard, sa première femme meurt dans un accident de voiture et son premier enfant meurt avec un pistolet que lui-même a rapporté chez lui.
Sharon, un drame de la culpabilité ? Lors de ses allocutions, il parle à plusieurs reprises et à des moments différents de “Paix intérieure” à retrouver, pour les israéliens et dit qu’il est “en paix” avec lui-même lors de sa démission après le massacre Sabra et Chatila. Le renversement de situation final, celui de toute une vie, de se retirer de Gaza. A ce moment, l’accident cérébral.
Michaël Prazan n’a pu l’interviewer, mais il est arrivé jusque devant sa chambre.
Le moment joli de ce documentaire : Un vieil homme qui n’a sans doute jamais quitté ses arbres raconte ses débuts dans le kibboutz, la découverte que les clémentines pouvaient s’exporter en Angleterre, qu’il y avait une demande. Il répète, avec dans les yeux la même fierté rieuse que celle de l’enfant qui apprenait ça de ses parents, “Vous vous rendez compte, on envoyait des clémentines chez Marks et Spencer ! J’empaquetais moi-même pour chez Marks et Spencer !”
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