Ecrire est une marguerite
« C’est curieux un écrivain. C’est une contradiction et aussi un non-sens. Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. C’est reposant un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ça ne parle pas beaucoup parce que c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. C’est impossible. C’est à l’opposé du cinéma, à l’opposé du théâtre, et autres spectacles. C’est à l’opposé de toutes les lectures. C’est le plus difficile de tout. C’est le pire. Parce qu’un livre c’est l’inconnu, c’est la nuit, c’est clos, c’est ça. C’est le livre qui avance, qui grandit, qui avance dans les directions qu’on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d’avec lui, le livre rêvé, comme l’enfant dernier-né, toujours le plus aimé. »
Marguerite Duras, Écrire, éd. Gallimard.
Pas de Julien Gracq à Noël ?
Depuis sa mort ce dimanche, les médias ont beaucoup rappelé que le goncourable qu’il était a refusé le Goncourt en 1951. Il s’est ainsi évité, hiver 51, de prendre froid sous bien des sapins. (Lire la suite…)
Grosse avant les Fêtes !
Le plus grand inconvénient d’une prochainement goncourable, c’est de passer beaucoup de temps assise ou allongée : je pense donc j’écris, je mange plutôt que je ne fume, je déjeune avec la haute sphère (c’est-à-dire longtemps). Les hanches s’élargissent en conséquence et la petite séance de gym suédoise n’y suffit plus. J’ai pris cinq kilos et même ma mère, celle qui dit toujours que “l’appétit est une bonne maladie”, le reconnaît avec amertume : ça se voit ! A l’heure où Naomi Campbell va interviewer Fidel Castro, tout le monde se moque de ce que j’ai acquis en poids de connaissances par le même temps. J’ai donc repris mon manuel de calories qui m’a suivie durant ma période anorexique d’il y’a dix ans. Il indique aussi ce que l’on perd par heure selon le type d’activité. Lire : 105 calories par heure. Balayer : 115. La différence est décidément trop faible…
Fairy Tale !
C’est ennuyeux tous ces enfants qui croient encore au Père Noël ! Ils ne sauront jamais comment vous avez fait pour retrouver la dînette Little Pony qu’ils avaient entourée d’un cercle vertueux sur un prospectus de fortune. C’est aussi ennuyeux tous ces enfants qui ont accompagné leur maman à l’arbre de Noël de chez le publicitaire DRAFTFCB et qui sont repartis avec des cadeaux et toutes les affaires de maman sous le bras, maman qui recevait sa lettre de licenciement en “mains propres” dans une charrette de neuf départs. Il fallait que ça parte avant le 13 décembre, légalement, et il y avait du retard au courrier. C’est ennuyeux les patrons qui n’ont pas vu la Vie est Belle de Capra.
Neue : Galerie Objet Sonore !
«L’objet est plein de droits… c’est moi qui ai tous les devoirs à son égard»_Francis Ponge
Ce week-end a été inaugurée une belle et étrange galerie de matériel audiophile “vintage” et architectural. (Lire la suite…)
“L’avenir de la gauche” en débat ou de la triangulation
Hier soir à 19 h, débat à Sciences Po “L’avenir de la gauche”, Jean-Luc Mélanchon, Julien Dray. Arbitre (ou modérateur), Nicolas Domenach du journal Marianne.
Entrée par la rue de l’Université :
“C’est où monsieur le débat sur l’avenir de la gauche ?”, le monsieur répond “Vous tournez à droite”. (Lire la suite…)
Je suis une “Renne” !
Lundi, conférence-débat de moi à Rennes + interview mal téléchargée sur Ouest-France (cliquer dessus).
Merci à ceux qui sont venus m’écouter sans soupir ni bonnet Saint-James marine sur la tête, à ceux qui ont fait semblant de ne pas voir comme mes muscles ne supportaient pas la lourdeur du micro, à ceux qui m’ont photographiée au Centre Culturel International, à ceux qui ont collé des affiches m’annonçant à l’Université puis à l’IEP puis à l’ISG, à ceux qui m’ont posé de si longues questions que je pouvais me reposer et rêver en attendant de reprendre le micro et à toutes les spécialités bien sucrées que l’on m’a offertes. (Lire la suite…)
L’interview de moi qui m’a fait pleurer : “Iman Bassalah, la prof qui ne rêvait pas d’école”
A part l’année où, petite, j’ai scotché sur un livre qui s’appelait Le village qui n’avait pas d’enfants, je n’avais jamais eu l’occasion de pleurer sur une phrase appuyée sur une construction syntaxique identique (proposition subordonnée complétive à la forme négative, introduite par qui pronom relatif, complément de son antécédent). Je le dois à la talentueuse Marie-Laure avec qui nous nous associons aussi pour combattre l’hyperanxiété de nos mâchoires. (Lire la suite…)
Aujourd’hui I am Bretonne !
Aujourd’hui, les Bretons m’ont témoigné beaucoup d’affection. Eux et moi, nous nous comprenons en tant qu’enfants d’immigrés. Aujourd’hui, j’ai été interviewée par Ouest France et par Zenith FM, vous connaissez moins mais c’est la radio de Vallons de Vilaine, Pays de Chateaubriant, Portes de Bretagne, Pays de Vitré, Pays de Fougères, Rennes Est. (Lire la suite…)
“Une abstraction singulière née dans l’arc lémanique” : le déséquilibre est une force !
a> (John Armleder, Furniture Sculpture 18, 891 Again, 1980-81)
Moi qui ai toujours détourné le slogan de l’eau lémanique d’Evian (“Le déséquilibre est une force”), j’ai reçu une invitation lémanique. Vendredi prochain à neuf heures du matin, au Centre Culturel Suisse parisien (qui est aussi blanc que le Mont-Blanc sur les boîtes en fer des chocolats Faverger), aura lieu la présentation des expositions “Abtraction Etendue. Une scène romande et ses connexions” qui envahira l’Espace de l’Art Concret (!) de Mouans Sartoux. Et ”Abstraction Extension. Une scène romande et ses connexions”, qui se produira à la Fondation Salomon d’Annecy (5 juillet / 2 novembre 08). Pour ceux qui pensent encore qu’il n’y a rien de plus concret qu’un Suisse ou qu’une psychanalyste lacanienne ne devrait pas s’appeler Monique.
