Délire à deux
« Et toi, qu’est-ce que tu fais par amour pour moi?
- Par amour pour toi, je m’embête. »
C’est dans Délire à deux d’Eugène Ionesco, un huis clos d’amour et de guerre à voir au théâtre du Lucernaire.
Deux acteurs avec lesquels c’est pas du cinéma (même si le décor est en carton).
Mise en scène : Edith Vernes
Avec : Jean-Jacques Faugeron et Anne-Sophie Rondeau
Mon Art et le Droit, une gazette MAD n°4
Ils n’existent pas version papier, font entendre une voix indépendante, utilisent toutes les possibilités de la publication sur toile… Les purs médias du net sont un succès, de Mediapart à Rue89. Voici aujourd’hui Mon Art et le Droit, alias MAD, le dernier-né du genre, à laquelle je participe. Un magazine qui fait entendre une autre voix sur l’art : celle du droit, version très hype !
Interview de Boris Khalvadjian, avocat et artiste, créateur et rédacteur en chef de MAD
Exquis promeneurs que ces fruits et légumes !
Après le Award gourmand France, Exquis Promeneurs a été consacré Best Culinary Travel Guide in the World. Du coup, ma copine Monique a donné un Award International à la France.
Exquis promeneurs, Entre Levant et Ponant, Monique Zetlaoui, aux éditions Actes Sud, collection Sindbad, 29 euros. On y trouve l’histoire de vingt fruits et légumes, du safran au combo et de l’abricot à la figue. Mais aussi des recettes d’hier et d’aujourd’hui (avec un aperçu des anciennes mesures de cuisine) et à chaque fois le voyage sémantique du nom du fruit à travers les temps et les pays.
Les poètes de l’amour arabe
Parce que cette année, le Printemps de la poésie met la femme à l’honneur (comme s’il pouvait en être autrement) et parce que les éditions Actes Sud ont imprimé de beaux recueils de poésie arabe dans leur collection Sinbad. Voici quelques-uns des plus beaux vers de l’ancienne poésie arabe[1].
« Dans la main de l’amie, le luth porte un secret
Qui, sous les doigts, bientôt vole à nous, se révèle…
Il répond à l’oiseau chantant dans la futaie,
Relayé maintenant par la jolie gazelle.
Le luth, blotti au creux d’un rameau lui rappelle
Les arbres, leur jardin à tous deux, le passé…
Il s’enflamme à la vue d’une bouche aussi belle,
En fleur… mais quelle fleur aux perles comparer ?
Il croit toucher le myrte à sa peau duveteuse
Et le plus doux des fruits aux pommes de ses joues.
Sur les cœurs elle fait main basse, l’enjôleuse,
De la voix, du regard… et des deux je suis fou !
Pour notre joie, le luth en ses cordes la tient,
Liée comme gazelle apeurée prise au gîte.
Avant cette chanson, mon cœur était serein,
Mais la belle séduit, et plus : s’en félicite.
Elle touche le luth, mais non : ce sont nos cœurs
Que les cordes ainsi font vibrer avec elles,
Et toutes nos pensées que la chanson révèle,
Tirées du luth où les cachaient ces mêmes cœurs.
Tu te tais quand le luth vient jouer sous tes doigts :
Parler ? Mais quel besoin ? Ton jeu parle pour toi.
Le vin ? Tu l’as changé en mélodies : l’ivresse
Vient-elle maintenant de ta voix, de tes yeux ?
Aucun secret n’échappe à ces doigts, leur finesse
Dit tout ce que cachait, prisonnier, l’amoureux.
Tel se battra d’une épée nue, toi d’un regard ;
Ce corps souple, en sa marche, est lance qui frémit.
Devant elle le cœur se fait humble, obéit.
L’épée tue, mais d’abord son maître sans pouvoir. »
Vers de Ibn Zamrak, dont les vers décorent les murs de l’Alhambra, (733/1333 – 795/1393)[2]












