Hôtel Miranda pour les Paresseuses
L’été approche, trop dur de retourner un livre pour lire derrière ?
Voici le résumé d’Hôtel Miranda lu par Brigitte Kernel sur France Inter.
Fiodor, j’adore !
“Ne vendez jamais votre esprit. Ne travaillez jamais sous la menace du bâton… Sous la menace d’une avance. Croyez-moi… Toute ma vie j’en ai souffert, toute ma vie j’ai écrit en me pressant. Et combien de tourments ai-je supportés… Surtout, ne commencez jamais à publier une chose avant de l’avoir menée à son terme. Complètement à son terme. C’est le pire. Ce n’est pas seulement un suicide : c’est un meurtre… J’ai vécu des souffrances de nombreuses, de très nombreuses fois. La peur de ne pas livrer dans les délais; la peur de gâcher quelque chose : et à coup sûr, on va la gâcher. J’en arrivais tout simplement au désespoir… Et presque à chaque fois c’était la même chose.”
Fiodor Dostoïevski, Lettre à Maikov du 31 décembre 1868
(Conseils à une jeune femme préparant son entrée dans le monde de la littérature.)
“James Brown, chez lui, en Bigoudis” Diane Arbus, 1966
L’oeuvre est connue, mais à la voir de près au Jeu de Paume, elle illustre tant cette phrase de Diane Arbus, une simple fin de dissertation universitaire et pourtant…
“Je vois quelque chose de merveilleux ; je vois la divinité dans les choses ordinaires”
Diane Arbus, Galerie du Jeu de Paume, jusqu’au 5 février 2012.
Pendant ce temps, à la Villa Emerige…
1. Amour Haine, tryptique de Khaled Takreti – 2. Watchtowers de Taysir Batniji – 3. Tableau sans titre de Mahi Binebine
Une autre oeuvre magnifique de l’exposition “Paris et l’Art contemporain arabe”, mais je n’ai pas réussi à en trouver la photo : l’installation de la libanaise Nina Esber, 5 minutes left. Douze ampoules montées sur corde raide s’éteignent peu à peu. C’est le temps d’une agonie pour le fusillé d’un peloton d’exécution.
Jusqu’au 12 novembre, Villa Emerige, Paris 16.
Magnum + AFD
© Olivia Arthur – Mauritanie – Magnum Photos
Cette semaine, à la Maison Européenne de la Photographie (MEP), a été présenté le travail de 7 photographes de l’agence de photos Magnum, destiné à présenter l’action concrète de l’AFD au grand public.
Ici, photo d’Olivia Arthur, Mauritanie, action en faveur de la santé mère-enfant. L’AFD a mis en place un pack grossesse à 17 € qui inclut les examens de grossesse et post-grossesse, avec une véritable incidence sur la mortalité des jeunes mères et des nourrisson (jusqu’à moins 50%).
Les photos seront sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris du 4 au 14 novembre.
Cette soirée de présentation m’a aussi permis de revisiter les couloirs du MEP sous la faible lumière des galeries fermées : Sensualité de la série Rogério Reis, qui représente les corps enlacés des plages de Rio, le visage couvert sur la photo d’une joyeuse bande colorée. Grosses de Fernanda Magalhães. Angoisse des yeux des paysans albanais. Valse de la Rome de William Klein.
Que c’est beau, la photo.
Nadine Labaki : “La guerre aussi peut devenir une routine”
C’est une très belle femme, attentive et inquiète de bien faire, qui me reçoit à l’hôtel de l’Abbaye où elle enchaîne les interviews pour la sortie de son prochain film : Et maintenant, on va où ?
En salles le 14 septembre.
Entre Caramel et Et maintenant, on va où ? vous êtes devenue mère et il règne un mélange de drôle et de drame. La maternité a-t-elle changé votre vision du cinéma et du monde ?
- Oui, je n’aurais pas écrit le même film si je n’étais pas devenue mère. J’ai appris que j’attendais un enfant le 7 mai 2008, un jour où Beyrouth avait repris le visage de la guerre. Je réfléchissais à mon prochain film avec mon co-scénariste Jihad Hojeily, et je me suis soudain demandé, en tant que mère et si mon fils était né, combien je serais allée loin pour l’empêcher de prendre les armes.
Tous les autres s’appellent Ali…
Ces autres Ali ne sont pas de Fassbinder : jusqu’au 2 octobre au théâtre du Rond-Point, la pièce Ali où deux acrobates, Mathurin Bolze et Hedi Thabet, vont mener un jeu de jambes et de figures autour d’une chaise et d’une ampoule : ça tombe bien, car ça ne tombe pas, l’un des acrobates n’a pas de jambe gauche. C’est complet jusqu’à l’humour et la sensualité.
Les Chiens Féraux
“Au lieu de peindre, j’ai tracé des rayures”, Felipe Becerra Calderón, à propos de son livre, une hypnose chilienne découverte en France par Christophe Lucquin, et attrappée au vol par Anne Carrière. So, vient de paraître en France.
MAD 7 est en ligne
J’ai interviewé l’avocate Aude Vivès-Albertini sur son périple humaniste en Chine Les chemins de la contrefaçon.
Sarah veut danser (en Tunisie)
SARAH VEUT DANSER (témoignage anonyme publié sur le site Tunezine.com)
“Ben Ali est tombé”. Dès que j’ai entendu la nouvelle à la radio, j’ai fourré un sandwich, une bouteille d’eau et une radio cassette dans mon sac à dos et j’ai pris le premier train pour Tunis. Je ne voulais à aucun prix perdre l’occasion de vivre heure par heure cet événement historique. Pendant tout le trajet Mahdia-Tunis j’étais en train de m’imaginer les masses laborieuses de la capitale investissant l’Avenue Bourguiba, chantant et dansant jusqu’à l’aube.
En sortant de la Gare Centrale, j’ai jeté un coup d’œil sur la Place Barcelone. Rien de spécial. J’ai vu la foule de tous les jours qui marchait ou courait pour attraper un train ou un bus. J’avais peur de rater la fête, c ‘est pourquoi j’ai commencé à courir en direction de l’Avenue Habib Bourguiba. Je m’attendais à voir les masses tunisoises fêter la chute de la dictature. J’étais étonné de constater que rien ne se passait. Aucun rassemblement, aucune manifestation ni de joie ni de tristesse. Les passants affichaient une indifférence totale aux gros titres de l’édition spéciale d’Assabah et du Temps : BEN ALI EST TOMBE.
Je me suis dit que la fête devrait certainement se passer à Carthage devant le Palais de la République. J’ai couru vers la station TGM et je suis monté dans le premier métro qui partait pour la Marsa. (Lire la suite…)









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